Posted on: 23 novembre 2021 Posted by: Rayane Beyly Comments: 0

Plus qu’un succès prestigieux que l’équipe de France n’avait plus connu depuis 2009, la victoire historique face aux All Blacks (40-25) samedi dernier confirme les bons choix du staff dirigé par Fabien Galthié depuis maintenant deux ans.

Des fins de matchs maîtrisées

C’était le gros point d’interrogation à l’aube de cette tournée. Les Bleus du nouveau capitaine Antoine Dupont seraient-ils en mesure d’oublier les fins de matchs ratées ? Après trois semaines de victoires, la réponse est oui. Les tests face aux Argentins et Néo-Zélandais ont été des indicateurs de premier choix. Face aux Pumas, le match a été relancé dans les deux dernières minutes par les visiteurs, mais finalement maîtrisé par les Coqs sur une dernière pénalité de Jaminet. Face aux All Blacks, si les Français ont été impressionnants de maîtrise, ils ont heureusement repris le droit chemin après vingt premières minutes compliquées dans le second acte. Deux cas de figures qui placent le XV de France dans la posture longtemps fantasmée d’une équipe qui sait enfin tenir la pression. Laissant loin derrière les souvenirs de défaites soudaines face à l’Angleterre (23-20, ndlr) et l’Ecosse (23-27, ndlr) durant le Tournoi 2021, ou les espoirs fauchés par deux fois par une Australie opportuniste cet été. Comme l’a dit Fabien Galthié, « le XV de France a franchi un cap » (source : Twitter). Plus question de s’arrêter là.

Continuité et concurrence

Révélation de la tournée, Peato Mauvaka n’y est pas allé de main morte face aux triples champions du monde néo-zélandais (image: MAXPPP).

Huit joueurs titularisés sur les trois tests. Une statistique qui illustre la confiance accordée à plusieurs tricolores comme Damian Penaud, Anthony Jelonch, ou encore Cameron Woki. Quant à ceux qui n’ont pas enchaîné les feuilles de matchs, leurs absences ont servi à démontrer la profondeur de l’effectif tricolore. C’est le cas du talonneur Julien Marchand, touché aux côtes contre la Géorgie, remplacé avec grand succès par un autre toulousain, Peato Mauvaka. Ce dernier a explosé cet automne (quatre essais en trois matchs, ndlr) et pourrait à l’avenir gagner une place de titulaire. Dans la cage, le jeune Thibaud Flament est également venu bousculer la hiérarchie, à l’instar du pilier Uini Atonio en première ligne, à la trajectoire irrégulière, qui s’est affirmé cette fois-ci en titulaire au poste au détriment de Mohamed Haouas. Systématiquement, les choix du duo Galthié-Ibanez ont suivi une politique de « l’homme en forme ». Sur la feuille de match, prime aux vingt-trois meilleurs joueurs du moment. Point barre. Une politique gagnante qui a permis de conforter plusieurs joueurs dans le XV de départ, tout en entretenant une dynamique de concurrence. On pense au rochelais Jonathan Danty qui s’est fait une place en novembre en l’absence de Virimi Vakatawa et d’Arthur Vincent. L’association avortée entre Jalibert et Ntamack où il ne pouvait en rester qu’un, ou la marge d’avance prise par le buteur en puissance Melvyn Jaminet sur Brice Dulin, pourtant grandiose à l’arrière l’hiver dernier, montrent aussi qu’aucun joueur n’est installé. En insufflant une remise en question constante dans un groupe soudé, Fabien Galthié a fait mouche.

Antidote à l’ennui

Le bordelais Cameron Woki échappe à Brodie Retallick sous l’oeil de Jonathan Danty (image: https://unitednewspost.com).

A voir la relance imprévisible de Romain Ntamack depuis son en-but amenant les siens quatre-vingt mètres plus loin dans le camp des All Blacks, l’essai sur une interception électrique de Penaud, et la puissance du pack tricolore qui martèle ses adversaires notamment sur les mauls, impossible de ne pas se prendre au jeu. Cette équipe de France plaît car elle gagne, condition sine qua non dans le sport. Mais elle plaît surtout car elle fait vivre le ballon, le déplace, et n’est pas du genre à réprimer son élan offensif face aux grandes nations. En ayant franchi par quatre fois la ligne d’en-but néo-zélandaise samedi, les Français ont fait preuve d’un grand réalisme sur la route du trophée Dave Gallaher. Un réalisme digne des plus grandes nations mondiales, alors que les Bleus sont montés à la cinquième place du classement World Rugby ce lundi, suite à leur victoire historique avec quinze points d’écart adressés aux Blacks.

Là où les tricolores passent, leur jeu n’ennuie pas. Il surprend et contient ce grain de folie nécessaire à toute équipe briguant un sacre mondial. Les joueurs de Galthié sortent invaincus de la tournée d’automne, ce qui n’était plus arrivé à la France depuis 2012. Pour la dernière victoire française à domicile sur la Nouvelle-Zélande, il fallait remonter à l’an 2000 (test-match à Marseille, 42-33, ndlr). Si ce XV de France se plaît à écrire de nouvelles dates, il lui faudra le faire lors du Tournoi 2022, une compétition qu’il n’a plus remportée depuis onze ans.  

Rayane Beyly

Source de l’image en vignette: France Rugby

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