Posted on: 19 mai 2021 Posted by: Rayane Beyly Comments: 0

Temple du rugby anglais, le stade de Twickenham accueillera samedi à 18h (heure française) une finale européenne de choc entre les deux meilleurs clubs dans l’Hexagone actuellement : le Stade Rochelais et le Stade Toulousain.

L’apprenti et le maître

Perchés au sommet du classement du Top 14, Rochelais et Toulousains se mènent la vie dure cette saison. Les premiers suivent de très près l’escouade toulousaine, leader avec 73 points à la 24ème journée, si bien qu’il est difficile de savoir laquelle de ces formations achèvera l’exercice à la première place. En toute logique, ces deux équipes devraient obtenir leur sésame pour une qualification directe en demi-finale avant, qui sait, de se recroiser possiblement en finale au stade de France le 25 juin. Cette semaine, les têtes des Maritimes et des Stadistes ne pensent toutefois pas au championnat de France, mais plutôt au match d’envergure qui les verra s’opposer à Londres samedi, pour atteindre le toit de l’Europe. « Parfois, la petite marche qu’il reste à franchir est la plus dure […] « c’est dur aussi d’être en finale, parce que soit on soulève un trophée, soit on se dit qu’on a fait un très long chemin pour pas grand-chose. Les finalistes, on s’en souvient rarement » » assurait l’international rochelais Gregory Aldritt cette semaine (source : RMC Sport).

Antoine Dupont sera l’un des éléments adverses à surveiller pour la défense rochelaise (image: Rugbyrama).

Le club de Charente-Maritime pourrait voir à travers ce match un aboutissement, tant il est exceptionnel, pour une équipe encore en Pro D2 il y a sept ans, d’atterrir en finale de Champions Cup à présent. Cependant, ce club bâti sur un projet collectif constant ne saurait se satisfaire d’un revers si proche du but. Eliminé en finale de Challenge Cup par Clermont en 2019 (36-16), le Stade Rochelais doit franchir un palier cette année, en ayant l’occasion de mettre à mal un rival français indémodable, le Stade Toulousain. Forts de leur palmarès éblouissant, les joueurs de la ville rose comptent bien s’adjuger un cinquième sacre européen sans lanterner davantage. Parmi leurs quatre finales gagnées jusqu’ici, trois d’entre elles furent des rencontres franco-françaises. Celle de samedi en sera une supplémentaire. Le club rochelais présidé par Vincent Merling aura-t-il les nerfs assez solides pour faire déjouer le meilleur palmarès de France ? Ce serait en tout cas un grand cadeau pour le dirigeant qui, cette année, fête ses trente ans à la direction de l’équipe.

Un titre historique dans le viseur rochelais

L’équipe rochelaise, qui a éliminé le mastodonte Irlandais du Leinster en demi-finale (32-23), semble avoir conquis le cœur du public depuis un certain temps. Concernant le tableau de chasse, Toulouse n’a pas non plus été en reste, à l’image de sa victoire en huitième au Munster (33- 40), avant de faire tomber Clermont, puis Bordeaux-Bègles. Cependant, La Rochelle n’est plus seulement un petit poucet ambitieux – plus si petit que ça d’ailleurs – en témoignera le deuxième ligne Will Skelton avec son double mètre et ses 125 kg, qui trouvera le non moins imposant Joe Tekori sur la pelouse samedi (1,98m ; 130 kg). Par son jeu de mouvement et d’impact, le club encouragé par ses supporters bagnards s’est forgé une identité singulière. Les partenaires de Romain Sazy n’ont rien à envier au célèbre « jeu de mains, jeu de toulousains » de leur rival qui les attend en finale. Le coach Ugo Mola lui-même reconnaissait la force de son adversaire en conférence de presse ce mercredi 19 mai : « Je trouve que ce club (ndlr : La Rochelle) est hyper simple, bien construit, et c’est quelque chose de bon pour le rugby français » (source : www.stadetoulousain.fr ).

Les supporters rochelais hissent fièrement leurs drapeaux, espérant une première consécration européenne pour leur équipe (image: www.staderochelais.com).

Dans sa posture d’outsider, le Stade Rochelais espère confirmer sa montée en puissance par un titre, et ainsi se distinguer de clubs tricolores souvent malheureux dans la compétition européenne, à l’instar du Racing 92, défait à trois reprises en finale (2016, 2018, 2020). Au chapitre des blessés, les deux clubs enregistrent des absences qui pourraient redistribuer les cartes. Ainsi, c’est au centre du terrain que les rochelais risquent de souffrir, avec un Levani Botia blessé à la cheville et très incertain, ou encore une saison terminée pour Pierre Aguillon. Côté toulousain, la ligne de trois-quarts n’en finit plus d’être touchée. Outre les pépins physiques pour Tauzin, Guitoune, ou Huget, on a appris aujourd’hui que l’Australien Zach Holmes ne serait probablement pas de l’aventure londonienne. Face à ces déconvenues respectives, les clubs ont aussi ménagé leurs joueurs principaux en Top 14 autant que faire se peut. Le staff rochelais ne s’est quand même pas privé d’aligner son équipe type pour réviser ses repères collectifs lors de la démonstration du week-end dernier face à Agen (59-0). En définitive, l’effervescence est palpable du côté du Vieux-Port de La Rochelle où les supporters jaune et noir commencent à s’enhardir face au défi historique qui attend le club. On s’impatiente notamment avant le duel de charnières à venir, Kerr-Barlow/West face au duo toulousain Dupont/Ntamack. Cette saison, le Stade Toulousain a toujours pris le meilleur sur son opposant rochelais et dispose de la faveur des pronostics. Mais les Maritimes, arrivés à bon port en finale, pourraient bien engloutir les prédictions. Voilà qui ferait, entre autres, plaisir à un certain Gabriel Lacroix, ancien grand espoir du club, retraité précoce depuis sa blessure en 2018, et qui a participé aux prémices de l’ascension rochelaise aujourd’hui éclose. Réponse samedi.

Rayane Beyly

Source de l’image en vignette: www.staderochelais.com (J-PH Le Garrec)

Leave a Comment