Posted on: 13 juin 2021 Posted by: Rayane Beyly Comments: 0

Au bout d’un suspense incroyable, le Biarritz Olympique a obtenu sa montée en Top 14 attendue depuis sept ans, dans un scénario des plus dramatiques face à Bayonne, à l’issue d’une séance de tirs aux buts.

Un derby légendaire

Le centre Francis Saili défie la défense de l’Aviron Bayonnais (image: https://fr.sports.yahoo.com).

D’euphorie ou de tristesse, des larmes ont coulé au terme de ce derby basque. Dans la ferveur brûlante de leur stade Aguilera, les Biarrots ont remporté ce match d’accession qui, à défaut d’accoucher du moindre essai, a livré aux spectateurs un déroulé complètement dingue. Peut-être faut-il être fou pour ressortir admiratif d’un match vierge d’essai, mais il fallait l’être davantage pour imaginer le numéro huit Steffon Armitage catapulter les siens en Top 14 sur un tir au but décisif ! Alors comment les protagonistes en sont-ils arrivés là ? L’enjeu du match promettait une ambiance bouillonnante, entre Biarritz, convoitant son ticket pour l’élite, et Bayonne, qui jouait son maintien au sommet. De très haute intensité, le match n’a donné à voir qu’une pénalité de chaque côté avant les prolongations. Le score minuscule à la fin du temps réglementaire justifiait une partie monumentale et acharnée.                                                                                                                           Car, à la croisée des chemins, chaque équipe a déjoué dans ses choix. C’est ainsi que James Hart ratait une pénalité décisive pour le BO à quatre minutes du terme, ou que l’Aviron Bayonnais, déjà proche de l’essai dix minutes plus tôt à défaut de choisir la pénalité, allait se fracasser sur le mur défensif biarrot. Dans cette position, un drop en face des perches aurait inversé la cruauté du sort réservé un peu plus tard aux Bayonnais. L’essai refusé au bayonnais Ravouvou en début de match paraissait déjà très loin. Les prolongations tombaient d’un coup sec. Partout dans les tribunes le public s’égosillait, s’armait de courage face à l’incertitude, luttait psychologiquement, en rouge ou en ciel et blanc. Les vingt minutes supplémentaires n’arrangeaient rien à l’affaire, et l’on passait de 3-3 à 6-6.

La victoire de Biarritz aux tirs aux buts

Moment de folie indescriptible à l’instant où Steffon Armitage réussit le tir de la victoire (image: Biarritz Olympique Facebook).

Voyant les équipes à égalité au nombre d’essais marqués et de cartons reçus (zéro dans chaque cas), ce derby ovale saluait d’un clin d’œil les cousins du ballon rond sur une séance de tirs aux buts impensable. Il fallait bien un malheureux dans ce cas de figure, et l’élu malchanceux s’appelait Aymeric Luc. L’ailier qui aurait pu finir en héros sur un essai au cours des prolongations se retrouvait penaud et abattu sur sa frappe manquée. L’ancien palois et toulonnais Steffon Armitage n’en demandait pas plus pour mettre fin à cette lutte démentielle et décocher le tir gagnant. En attendant que la statue du pied d’Armitage trouve sa place à Biarritz, il était temps pour chaque équipe de souffler, pour le public d’envahir la pelouse, et pour le rugby d’inscrire ce match comme l’un des plus grands derbys de l’histoire. Ce samedi, le pays basque s’est déchiré au-delà des limites du possible. Aux sceptiques de revoir leur copie, oui le rugby peut être beau sans essai ! Aux chambreurs de se faire discrets, oui, un avant peut avoir plus de nerfs qu’un trois-quarts en face des perches, puisque Armitage l’a prouvé ! Aux adeptes de fusion entre les deux clubs de la mettre en veilleuse, un Bayonne-Biarritz, plus qu’une affiche, ça peut être un chef-d’œuvre. Celui d’hier en était un.

Rayane Beyly

Source de l’image en vignette: Biarritz Olympique Facebook

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